Audiodescription : Découvrez le guide du CSA

Dans cet article intitulé comprendre la VAD en 2021, vous trouverez des informations tirées du Guide de l'Audiodescription, instauré par le CSA. Les informations de cet article mettront en évidence des ressources sur la qualité, l'immersion, la description, l'écriture, les voix, le son, l'évaluation, la formation, le matériel, la rémunération et les droits d'auteurs. L'image représente le logo de l'audiodescription, c'est l'image qui représente l'audiodesription.

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a récemment publié le Guide de l’audiodescription. Il vient réviser la Charte de 2008 relative à l’audiodescription. Cet article, signé Ciné Sens, synthétise les différents enjeux, principes et bonnes pratiques relevés par ce nouveau guide pour accompagner le secteur audiovisuel, les auteurs et autrices d’audiodescription et tout autre personne faisant appel ou contribuant à l’audiodescription. Construit en concertation avec des auteurs et autrices d’audiodescription, la Confédération Française pour la Promotion Sociale des Aveugles et Amblyopes (CFPSAA) ainsi que des personnes aveugles ou déficientes visuelles, il fait le point tant sur l’écriture que la rémunération des professionnel•les en dix-huit pages.

Audiodescription : un besoin de qualité

Le CSA rappelle que près de deux millions de personnes sont déficientes visuelles, faisant de l’audiodescription, une solution pour ouvrir le cinéma à environ 3% de la population.

Cependant, malgré le développement actuel et visible de l’audiodescription, le CSA constate « une baisse de la qualité des versions audiodécrites depuis plusieurs années ». Cette notion de qualité doit être comprise comme un indicateur indispensable de l’audiodescription : cet outil fait partie intégrante du film, sans lui, le spectateur ou la spectatrice déficiente visuelle ne peut profiter pleinement de l’œuvre. De la même manière, si l’audiodescription est présente en mauvaise qualité, celle-ci dénature l’œuvre cinématographique. Alors, comment faire une bonne version audiodécrite (VAD) sans sortir la personne du film et comment l’évaluer ?

Répondre aux attentes des personnes déficientes visuelles

La VAD est un travail d’écriture et de description précis. Elle est une ou plusieurs voix indiquant « les changements de situation, […] les expressions des personnages, le style de vêtements, les paysages, elle décrit également les sentiments ou émotions sur le visage des personnages […] ». Cette analyse ne doit néanmoins pas se limiter à une description méthodique de tous les éléments qui structurent le film. Elle doit prêter une attention particulière à l’œuvre cinématographique, au sens où celle-ci porte une émotion, une ambiance et une atmosphère.

Le travail d’écriture est une compréhension de l’œuvre. De cette manière, la voix de la narratrice ou du narrateur doit savoir aussi s’effacer au profit de l’univers sonore du film. Elle doit trouver le juste équilibre entre présence et discrétion. Ne pas prendre compte de ces éléments crée un obstacle à l’immersion dans l’œuvre. Prendre en compte ces éléments, c’est proposer une expérience cinématographique transposant l’authenticité et la réalité du film.

« Ça fonctionne ! » : La VAD au service de l’immersion

 « Elle devient l’original du public en situation de handicap visuel et doit répondre à une exigence légitime de qualité »

Le Guide indique qu’on ne peut pas prédéfinir une liste exhaustive d’éléments qui pourraient être décrits dans chaque œuvre. Chaque film est unique. Aussi, un auteur ou une autrice d’audiodescription ne peut proposer une version objective de l’œuvre. Une œuvre audiodécrite aura toujours une part de subjectivité, néanmoins « soumise à l’exigence de fidélité à l’œuvre de départ ».

L’auteur ou l’autrice doit faire abstraction de ses jugements personnels vis-à-vis du film. L’interprétation visuel doit s’approcher d’une neutralité la plus rigoureuse et la plus fidèle à l’œuvre cinématographique car la surinterprétation de l’œuvre fausse l’identité de la réalisation. Pour une bonne VAD, l’auteur ou l’autrice doit trouver une harmonie entre une description de l’image « vue » et la sémantique de la scène : doit faire attention à ne pas atténuer les effets narratifs comme le suspense ou le silence. Cependant, le Guide ne nie pas les difficultés. Il indique que ces mesures s’appliquent « où cela est possible » dans le métrage.

L’écriture de la version audiodécrite

« L’auteur est maître de ses choix d’écriture et peut utiliser toute la richesse de la langue française pour servir les objectifs de la VAD »

Le Guide comprend la VAD comme l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice, il n’y donc pas de consignes strictes d’écriture. Il importe, malgré tout, de garder une attention particulière à l’orthographe ainsi qu’à l’utilisation d’un « français correct ». Néanmoins, quelques règles encadrent l’écriture de l’audiodescription. Premièrement, elle doit être raccord avec l’œuvre, c’est-à-dire que le style d’écriture et le rythme doivent s’articuler en fonction du film pour lequel ils sont destinés. L’auteur ou l’autrice porte ainsi une attention particulière au genre cinématographique.

Deuxièmement, le texte doit être « fluide et agréable à écouter » et prendre en considération le temps. Il s’agit là d’une dimension indispensable de la VAD, l’expérience cinématographique se passe au présent, elle se déroule « ici et maintenant ». Le présent se conjugue aux différents niveaux de réalité. Il existe trois niveaux à distinguer pour décrire l’image : la réalité de la fabrication, la réalité de l’univers fictif et la réalité extérieure à l’univers narratif. Ce choix de réalités appartient à l’auteur ou l’autrice en fonction de ce qu’il ou elle veut transmettre par sa VAD. Si ces notions autours des réalités vous intéressent, nous vous invitons page 6 et 7 du Guide.

Voix unique ou voix multiples dans la VAD ?

Pour développer la VAD, deux idées majeures encadrent l’audiodescription. La première se veut une voix unique. La seconde en mêle plusieurs. Dans tous les cas, le choix revient à l’auteur ou l’autrice de l’audiodescription, selon le sens qu’il ou elle veut transmettre dans l’œuvre. Lorsqu’il y a des voix multiples, plusieurs possibilités s’ouvrent à l’auteur ou l’autrice. Il peut s’agir d’une voix particulière pour distinguer le film, de son générique de début et de fin ou pour favoriser la compréhension d’une scène (une histoire parallèle, un flashback). Une seconde voix peut être appréciable pour mettre en valeur les précisions écrites, comme le chapitrage explicitement indiqué à l’écran dans certain film – Chapitre 1 : Monsieur Gustave -, ou une indication géographique et temporelle – Paris, cinq ans plus tard -. Le Guide préconise d’utiliser une voix féminine et une masculine pour faire varier ces précédents exemples.

Audiodescription, un besoin d’évaluation

Une audiodescription est soumise à un contrôle de qualité par un comité d’experts indépendants. Celui-ci a un pouvoir de validation et d’invalidation d’une œuvre qu’il estime en fonction de l’accessibilité et des critères définis par l’outil d’évaluation disponible sur le Guide du CSA. La rédaction du Guide incite toutes personnes à se référer à cet outil d’évaluation ainsi qu’à faire appel à des évaluateurs compétents pour réaliser ce travail. Des outils à télécharger ci-dessous :

Être formé•e à l’audiodescription, un passage indispensable

Le Guide met en garde quant à la personne employée à réaliser l’audiodescription de votre film. La culture cinématographique et la bonne maîtrise de langue sont indispensables. Cependant, une formation reconnue à l’audiodescription est un levier inévitable pour toutes personnes souhaitant devenir auteurs, autrices. Au de-là de cette formation, la personne amène de l’audiodescription prête une attention particulière aux intentions filmiques de la réalisation mais doit aussi être sensibilisé à la déficience visuelle. C’est dans ce cadre-là notamment qu’une formation est indispensable. Enfin, la collaboration ou la consultation d’une personne déficiente visuelle est obligatoire avant de valider une VAD. Le Guide indique que cette personne doit suivre une formation pour mener à bien son travail d’évaluation.

Matériel et temps nécessaire pour une audiodescription

Il faut fournir, aux personnes en charge de la VAD, le matériel sur lequel travailler (image, son) et celui sur lequel s’imprégner du film et en comprendre ses particularités (scénario, dossier de presse etc.). Chaque projet étant singulier, il est difficile d’établir une temporalité stricte. Le Guide donne tout de même une estimation en prenant pour exemple un film en VF des années 1990 « d’une difficulté moyenne » : « un délai idéal d’un mois est recommandé entre la réception des éléments par l’auteur et la livraison de la VAD ». Chacune des phases de l’écriture, de la relecture et du mixage sont décrites précisément sur le Guide en page 14, n’hésitez pas à le consulter.

Rémunération et droits d’auteurs

« L’auteur de la VAD a le statut d’auteur et peut donc être rémunéré en droits d’auteur »

L’auteur ou l’autrice peut être rémunéré•e en droits d’auteur. Leur droits sont encadrés par les sociétés de gestion collective comme la SACEM. La rémunération minimum recommandée de leur travail s’élève à 25€ bruts pour une minute de l’œuvre cinématographique. En ce qui concerne la collaboration avec une personne déficiente visuelle qui effectue une relecture et une vérification, celle-ci perçoit un « tarif forfaitaire préconisé […] entre 200 et 250€ bruts ». Pour plus d’informations sur la rémunération, vous pouvez lire les pages 15 et 16 du Guide. Ces pages vous indiqueront également les modalités de citation au générique et les délais de paiements.

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En attendant la réouverture de nos salles de cinéma, nous vous invitons vivement à prendre connaissance du Guide de l’Audiodescription. Celui-ci est plus complet que notre article et vous aidera à mieux comprendre les enjeux de la VAD. Rappelons aussi que l’accessibilité des films n’a peu de poids sans des salles de cinéma qui suivent cette dynamique. Encourageons les à faire un pas en avant pour que l’année 2021 puisse être celle d’un cinéma pour toutes et tous !

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