Yasmine et Birgitte de dos dans une salle de cinéma face au pulic

APRES-MIDI INCLUSIVE AU CINEMA LE QUAI DES ARTS

Initiative et préparation de la séance

Le 17 janvier 2026, le cinéma Le Quai des Arts à Usson-en-Forez a proposé un après-midi consacré au handicap sensoriel. Une initiative accompagnée par Ciné Sens.

Portée par une belle dynamique collective, l’équipe du cinéma s’est mobilisée pour imaginer un après-midi placé sous le signe du partage et de l’accessibilité.
À l’origine du projet, Noémie Hérault a coordonné l’organisation et la communication, soutenue par les bénévoles du cinéma.

L’équipe a notamment fait paraître un article dans la presse locale pour annoncer l’événement: Apm handicaps sensoriels : 2 films + echanges : Cinema Projection a Usson en Forez mettant en avant la programmation adaptée et les temps d’échange prévus.
Bernadette, Christiane, Élisabeth et Pascal, bénévoles, ont accueilli les spectateurs et veillé au bon déroulement des projections et des échanges.

Ciné Sens a accompagné le Quai des Arts dans la préparation de l’événement, en apportant son expertise sur l’accessibilité sensorielle et en orientant l’équipe vers des associations et des relais du handicap sensoriel, des intervenants…

L’implication de toute l’équipe a permis d’offrir un moment d’échange riche, ouvert et accessible à tous les publics.
Leur travail a permis de mobiliser des spectateurs en situation de handicap sensoriel, ainsi que des membres de l’association Handi Saint-Étienne, venus partager ces séances.

Projections de deux films documentaires avec des versions adaptées suivis de débats en LSF

Le programme proposait deux documentaires en version sous-titrée sourds et malentendants (ST-SME), dont l’un disposait aussi d’une audiodescription.
Après chaque film, un temps d’échange avec les spectateurs a permis de prolonger la réflexion et de partager les ressentis. Ces discussions étaient intégralement traduites en LSF par Karine Lasne, interprète en langue des signes françaises.

Premier film : A perte de vue de Pierre et Carla Petit, avec audiodescription et sous-titres sourds et malentendants (ST-SME) à l’écran

affiche de A PERTE DE VUE
A Perte De Vue | Meije Productions

Le film a été suivi d’un échange avec une intervenante de Ciné Sens.
Cette séance a permis de sensibiliser les spectateurs à l’audiodescription, d’expérimenter ce dispositif pour des personnes voyantes ou non-voyantes et de débattre autour du film et de la place des spectateurs déficients visuels au cinéma. Les discussions ont été riches, mêlant analyses et récits de vie.
Parmi le public se trouvaient également des membres du club handisport de Saint-Étienne.

Ciné Sens échange avec le public dans la salle de cinéma

 

Second film : Elle entend pas la moto de Dominique Fischbach en sous-titres  sourd et malentendants (ST-SME )

Affiche du film Elle entend pas la moto
Elle entend pas la moto Un film de Dominique Fischbach – Au cinéma le 10 décembre

Le film était suivi d’un échange avec:

  • Brigitte Chaput-Petit, orthophoniste à la retraite
  • Yasmine Daoussi, étudiante sourde implantée

Voici quelques extraits de l’échange:

QUESTION :

Vous parliez tout à l’heure de communauté de sourds. Est ce que vous vous sentez appartenir à cette communauté de sourds ? Est-ce que vous allez de temps en temps aux réunions, aux rencontres… ?

  • Yasmine : 

Aujourd’hui je me sens pleinement appartenir à cette communauté, j’ai pendant très longtemps cherché ma place. C’est marrant, comme dans le film j’ai le même schéma ! Je suis d’une famille entendante : mon grand frère est entendant et mon petit frère est comme moi, sourd implanté. 

J’ai grandi dans un environnement entendant et je n’ai pas eu l’occasion de rencontrer beaucoup de personnes sourdes. C’était plutôt des personnes comme moi, appareillées, dans le cadre scolaire.

Mais la vraie communauté sourde signante, c’est arrivée plus tard vers 18 ans.

J’ai un professeur de la LSF qui m’a conseillé d’aller à la Journée Internationale des Sourds qui se fait en septembre dans la plupart des grandes villes. Ca a été un réveil pour moi car j’ai découvert cette culture, cette histoire d’une grande richesse qui m’a beaucoup aidé sur le plan personnel avec mon deuxième implant que je voulais abandonner, mais c’était dur parce qu’on ne m’écoutait pas. Le corps médical, quand je leur disais que je ne voulais plus le porter parce que ça me faisait souffrir, on me disait toujours : « non faut quand même pas lâcher, on ne t’a pas opéré pour rien » et cette communauté m’a aidé à m’imposer et ça m’a sauvé en quelque sorte.

QUESTION :

Comment se passe la prise en charge des opérations ?

  • Brigitte : 

La prise en charge financière est totale sur ce qui concerne l’implant, le séjour hospitalier et tous les rendez-vous qui sont très fréquents au début. 

Cependant, pour les parents et les familles qui souhaitent apprendre la LSF en France, tout l’apprentissage reste à leur charge.
En plus, c’est un long apprentissage pour avoir une base de communication. Il faut au moins plusieurs semaines intensives de stages donc ça veut dire lâcher son travail.
Sans vouloir polémiquer, ça veut dire qu’on a fait des choix.

  • Yasmine : 

Je voulais parler de quelque chose qui m’a beaucoup attristé dans le film, c’est qu’il y a un gros problème de structure adaptée pour les enfants sourds. On l’a vu pour Maxime, ça s’est traduit par une grande exclusion parce qu’il n’était pas intégré et accompagné correctement. On a vu que les parents soulignent la responsabilité de l’éducation nationale.

Yasmine et Brigitte qui échange avec le public dans une salle de cinéma

N’hésitez pas à partager vos retours sur des séances de ce type avec l’équipe de Ciné Sens à l’adresse contact@cine-sens.fr pour que l’on puisse s’en faire écho sur le site de Ciné Sens ! Vous pouvez aussi laisser un commentaire sur cet article.